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POÈMES BARBARES.


C’est ainsi que mourut, dit la sainte légende,
Le chanteur de Temrah, Murdoc’h aux longs cheveux,
Vouant au noir Esprit cette sanglante offrande.

Le palais écroulé s’illumina de feux
Livides, d’où sortit un grand cri d’épouvante.
Le Barde avait rejoint les siens, selon ses vœux.

Auprès du corps, dont l’âme, hélas ! était vivante,
L’Apôtre en gémissant courba les deux genoux ;
Mais Dieu n’exauça point son oraison fervente,

Et Murdoc’h fut mangé des aigles et des loups.