Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/168

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Vierges, filles d’Éole, amantes de la paix,
La nature éternelle à vos chansons s’éveille ;
Et la dryade assise aux feuillages épais,
Verse aux mousses les pleurs de l’aurore vermeille.

          Effleurant le cristal des eaux
          Comme un vif essaim d’hirondelles,
          De l’Eurotas aux verts roseaux
          Revenez-vous, vierges fidèles ?

Quand les cygnes sacrés y nageaient beaux et blancs,
Et qu’un dieu palpitait sur les fleurs de la rive,
Vous gonfliez d’amour la neige de ses flancs
Sous le regard charmé de l’Épouse pensive.