Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/379

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Qui jadis habitais le large firmament,
Et que Bhagiratha, le roi du sacrifice,
Fit descendre en ce monde en proie à l’injustice.
Puis adorant ton nom, béni par eux sept fois,
Ils quittèrent le fleuve et l’épaisseur des bois ;
Et vers la région des montagnes neigeuses,
Durant les chauds soleils et les nuits orageuses,
Dédaigneux du péril et du rire moqueur,
Les yeux clos, ils marchaient aux clartés de leur cœur.
Enfin les lacs sacrés, à l’horizon en flammes,
Resplendirent, berçant des Esprits sur leurs lames.
Dans leur sein azuré, le mont intelligent,
L’immense Kaîlasa mirait ses pics d’argent
Où siège Bhagavat sur un trône d’ivoire ;
Et les sages en chœur saluèrent sa gloire.