Page:Lemaistre de Sacy - La sainte Bible, Furne, 1841, vol 3.djvu/198

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rues , brûlant des noyaux d’olives ;

43. Et lorsque l’une d’entre elles a été emmenée par quelque passant qui l’a corrompue, elle reproche à celle qui est auprès d’elle qu’elle n’a pas été jugée, comme elle, digne d’honneur, et que sa corde n’a pas été rompue.

44. Tout ce qu’on fait à ces dieux n’est que mensonge : comment donc peut-on croire ou peut-on dire que ce sont des dieux ?

45. Ils ont été faits par des ouvriers en bois et en or ; ils sont ce que les prêtres veulent qu’ils soient, et rien de plus.

46. Les ouvriers mêmes qui les font ne vivent pas longtemps sur la terre ; comment donc leurs ouvrages peuvent-ils être des dieux éternels ?

47. Ils ne laissent à ceux qui viennent après eux qu’un mensonge et un sujet de honte.

48. Aussi, lorsqu’il survient une guerre ou quelque malheur, les prêtres pensent en eux-mêmes où ils iront se cacher avec leurs dieux.

49. Comment donc ceux-là peuvent-ils passer pour des dieux , qui ne peuvent se sauver pendant la guerre, ni se délivrer des moindres maux ?

50. Car n’étant que du bois, et des lames d’or et d’argent dont ils sont couverts, toutes les nations et tous les rois en reconnaîtront un jour la fausseté ; on verra clairement que ce ne sont point des dieux, mais les ouvrages de la main des hommes, où il ne se trouve aucune action de Dieu :

51. On reconnaîtra donc que ce ne sont point des dieux, mais les ouvrages de la main des hommes, et qu’il ne sort d’eux aucune œuvre de Dieu.

52. Ils ne donnent point un roi à un royaume, et ils ne répandent point la pluie sur les hommes.

53. Ils ne feront point rendre justice, ils ne délivreront point les provinces de la violence, parce qu’ils ne peuvent rien du tout, et qu’ils sont comme des corneilles qui volent entre le ciel et la terre.

54. Quand le feu aura pris à la maison de ces dieux de bois, d’argent et d’or, leurs prêtres s’enfuiront, et se sauveront ; mais pour eux, ils seront consumés au milieu des flammes comme les poutres du bâtiment.

55. Ils ne résisteront point à un roi pendant la guerre, comment donc peut-on croire ou admettre que ce sont des dieux ?

56. Ces dieux de bois, de pierre, d’or et d’argent, ne se sauveront point des larrons et des voleurs ; ces hommes, étant plus forts qu’eux,

57. Leur voleront l’or, l’argent et les vêtements dont ils sont couverts, et ils se retireront, sans que ces dieux puissent s’en défendre.

58. Il vaut donc mieux être un roi qui fait paraître sa puissance avec éclat, ou un vase d’une maison, qui est utile à celui auquel il appartient et qu’il est bien aise d’avoir, ou la porte d’un logis, qui tient en sûreté tout ce qui y est, que d’être l’un de ces faux dieux.

59. Le soleil, la lune et les astres jettent de l’éclat ; ils sont conduits pour l’utilité des hommes, et ils obéissent à Dieu ;

60. Les éclairs se font remarquer lorsqu’ils paraissent ; les vents soufflent dans tous les pays ;

61. Les nuées, lorsque Dieu leur commande de s’étendre sur tout le monde, exécutent ce qui leur a été ordonné ;

62. Le feu du ciel, envoyé d’en haut pour consumer les montagnes et les forêts, fait ce que Dieu lui a commandé de faire : il n’y a pas un de ces dieux qui soit comparable à ces créatures en beauté ou en puissance.

63. Il ne faut donc ni croire, ni dire que ce soient des dieux, puisqu’ils ne peuvent ni rendre la justice, ni faire du bien ou du mal aux hommes.