Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/139

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MADAME AMABLE TASTU


1795 – 1884




Amable Voïart, dame Tastu, née à Metz, obtint dans sa Jeunesse quatre prix des Jeux Floraux et fut couronnée par l’Académie française en 1840, pour son Éloge de Sévigné. Didier publia ses poésies complètes en 1862. Sainte-Beuve, en parlant de Madame Tastu, apprécie surtout « cette grâce modeste, qui s’efface pudiquement d’elle-même, et cette gloire discrète, tempérée de mystère, qui est la plus belle pour une femme poète. »

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LA VEILLE DE NOËL




Entre mes doigts guide ce lin docile,
Pour mon enfant, tourne, léger fuseau ;
Seul, tu soutiens sa vie encor débile,
Tourne sans bruit auprès de son berceau.

Les entends-tu, chaste Reine des anges,
Ces tintements de l’airain solennel ?
Le peuple en foule entourant ton autel
Avec amour répète tes louanges.

Pour mon enfant, tourne, léger fuseau,
Tourne sans bruit auprès de son berceau.