Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/261

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CHARLES DOVALLE


1807 – 1829



Charles Dovalle, né à Montreuil-Bellay (Maine et Loire) le 23 juin 1807, fit ses études au collège de Saumur ; ses premiers essais enrichirent le Mercure de 1827. Sa famille le destinait au barreau, mais un penchant invincible l’entraînait vers les lettres. Venu à Paris en 1828, il écrivit dans le Figaro et le Journal des Salons. À la suite d’une polémique de journal, il fut tué en duel à 22 ans. La balle avait traversé son portefeuille et déchiré la lettre qui devait porter ses adieux à sa famille.

« Ce manuscrit du poète réveille de si douloureux souvenirs ! Tant d’émotions se soulèvent en foule sous chacune de ces pages inachevées ! Et d’abord ce qui frappe en commençant cette lecture, ce qui frappe en la terminant, c’est que tout dans ce livre d’un poète si fatalement prédestiné, tout est grâce, tendresse, fraîcheur….. Rien de sombre, rien d’amer, bien au contraire, une poésie toute jeune, et famine, parfois ; tantôt les désirs de Chérubin, tantôt une nonchalance créole : un vers à gracieuse allure, trop peu métrique, trop peu rythmique, il est vrai, mais toujours plein d’une harmonie plutôt naturelle que musicale ; la joie, la volupté, l’amour….. et puis partout des fleurs, des fêtes, le printemps, le matin, la jeunesse, voilà ce qu’on trouve dans ce portefeuille d’élégies déchirées par une balle de pistolet….. »

Victor Hugo.


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