Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/415

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JOSÉPHIN SOULARY


1815




Joseph Marie, dit Joséphin Soulary, né à Lyon en 1815, est d’origine italienne. Ce furent ses aïeux, les Solari de Gênes, qui importèrent aux bords du Rhône l’industrie des velours brochés d’or et d’argent. Il fit ses études au séminaire de Montluel, d’où il passa au 48e régiment de ligne ; puis, en sortant du service militaire, fut employé à la préfecture du Rhône, où il devint plus tard chef de division.

« Nous n avons pas affaire à un imitateur de Lamartine ou de Victor Hugo, dit Saint-René Taillandier ; rien ne le rattache non plus à l’école gauloise de Béranger, à l’école aristocratique d’Alfred de Vigny, à l’école humaine de Barbier ou de Brizeux. Le seul des maîtres chanteurs de nos jours avec lequel on puisse lui découvrir certaines affinités, c’est l’auteur de Rolla ; mais que de métamorphoses ils ont subies, ces emprunts involontaires !… Un sonnet ! oui, cette forme curieuse, bizarre, ce jouet charmant, mais qui n’est qu’un jouet, est le mode préféré, que dis-je ? le mode unique des inspirations de M. Soulary. Benvenuto de la rime, il cisèle ses petites coupes dans le bois ou dans la pierre avec une dextérité merveilleuse. Voulez-vous une larme de la rosée du matin dans la coque de noix de Titania ? Aimez-vous mieux une goutte de fine essence, le philtre de l’ivresse, le breuvage de l’oubli, ou bien un peu de ce poison que distillent les joies d’ici-bas ? Voici des aiguières de tout prix : celles-ci sont faites avec les pierres dures que taillent si patiemment les mosaïstes de Florence, celles-là sont de chêne ou d’érable. Voulez-vous des médaillons