Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t2, 1887.djvu/204

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CHARLES MONSELET


1825




Ce spirituel écrivain s’est fait le poète de la table, et il laisse loin derrière lui Berchoux pour le goût et l’agrément du langage, pour la fantaisie et le sel. Son recueil L’Amour et le Plaisir est d’une gaieté charmante. « Monselet, dit Sainte-Beuve, a une qualité précieuse ; il est dans la veine française. Il a du bon esprit d’autrefois, de ce qu’avait Colnet. »

Les œuvres de M. Charles Monselet se trouvent chez Calmann Lévy et Dentu.




LE CUVIER



Cest une cave immense, ou plutôt c’est un antre
Où le vin en courroux monte au nez dès qu’on entre,
Courant des piliers noirs au cintre surbaissé,
— Un temple de Bacchus dans le sable enfoncé. —
Comme un chœur de Titans, là sont d’énormes cuves
Où la liqueur mugit comme dans des étuves.
Douze à quinze garçons, du matin jusqu’au soir,
Nu-jambes et nu-pieds, dansent dans le pressoir,