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AUGUSTE VACQUERIE

1819


Auguste Vacquerie, a débuté comme poète en 1840, par l’Enfer de l’Esprit. Il a débuté comme journaliste en 1848. Le spectacle de la vie tumultueuse fit honte au rêveur, ou, plutôt, la vocation du véritable poète se confirma par la révolte du patriote.

Il s’écria :


J’aurai, mon grand Paris, un cœur digne du tien,
Je sens dans le songeur éclore un citoyen.


Depuis 1848, sous la réaction et sous l’Empire, à travers les persécutions, les procès, les amendes, la prison, l’exil, Auguste Vacquerie est resté le citoyen, le journaliste militant et le poète infatigable.

Ses volumes de prose, Profils et Grimaces, Miettes de l’Histoire, Aujourd’hui et Demain, sont d’une verve critique et d’une saveur littéraire qui seraient des titres à l’Académie, s’il n’était aussi résolu à ne pas faire de visites pour devenir académicien quil est décidé à n’affronter aucune réunion électorale pour devenir député.

Sa fonction de journaliste, sa gloire de poète et d’auteur dramatique lui suffisent. Polémiste toujours au rempart, poète insoumis toujours en éveil, il n’a pas fait, depuis 1840, une concession à la vulgarité du style, et, depuis 1848, une concession aux ennemis de la liberté.