Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t3, 1888.djvu/213

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MAURICE ROLLINAT


1846




Maurice Rollinat est né en 1846, à Châteauroux (Indre). Son père, François Rollinat, avocat, qui fut un des députés républicains de 1848, était le grand ami de George Sand, et l’écrivain de La Mare au Diable et de François le Champi reporta son affection sur le jeune homme qui demandait ses premiers vers à ce Berry creusé en ravines et en rivières, d’aspect si particulier et si mélancolique, Le volume de début de Rollinat, venu à Paris en 1868, parut en 1877, et portait ce titre évocateur de la contrée quittée : Dans les Brandes.

La Critique, qui devait si bien plus tard songer à Baudelaire, aurait dû signaler la part d’initiation de Mme Sand, et, surtout, dire la sincérité de ces impressions, la profondeur d’accent de cette poésie de terroir. Pour Baudelaire, dont l’influence peut en effet se constater dans certaines pièces macabres des Névroses, parues en 1883, il ne masque nullement la personnalité de Rollinat, qui le suit chronologiquement, comme Baudelaire suit Edgar Poë. Il est des affinités d’esprit et des rencontres sincères. D’ailleurs, toute la partie naturiste de l’œuvre de Rollinat est absolument conçue en dehors de l’inspiration du grand poète des Fleurs du Mal, qui ne vit pas la nature et rêva d’artificiels jardins où croîtraient des végétaux métalliques. Les pages des Névroses intitulées : Les Refuges, où toutes les sèves et toutes les forces agissantes se résument dans des pièces telles que La Vache au Taureau, ces pages affirment une vision directe et une conception individuelle des choses.