Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t3, 1888.djvu/232

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FRANÇOIS FABIÉ


1846




François Fabié est né de pauvres paysans, à Durenque (Aveyron), le 3 novembre 1846. Il put seulement aller à l’école de son village, quand il n’avait pas à garder les vaches ; et c’est à force d’énergie et de travail que ce fils de ses œuvres est aujourd’hui devenu un professeur distingué du lycée Charlemagne.

Son enfance, passée en pleine nature, à dénicher les oiseaux, à courir sous les grands hêtres et parmi les genêts et les bruyères du Ségala, a fait de lui un poète rustique, d’un accent un peu âpre, mais très sincère et très pénétrant. Il a notamment fixé son regard d’observateur et de rêveur sur les animaux sauvages et domestiques, et souvent il a peint leurs mœurs et leurs caractères avec une franchise et une vérité qui eussent réjoui le bon La Fontaine.

Ce que Brizeux fut pour la Bretagne, ce qu’est André Theuriet pour la Lorraine, François Fabié le sera pour son cher pays, pour le Rouergue.

Il convient de prononcer le mot « chef-d’œuvre » en recommandant à tous les lecteurs les admirables strophes que le poète a dédiées à son père « qui ne sait pas lire. » Rarement le sentiment de la famille et l’amour du sol natal se sont exprimés avec tant d’émotion et de profondeur.

On doit à éM. François Fabié, outre une paysannerie scénique jouée en 1879 au théâtre de M. Ballande, deux recueils de vers : La Poésie des Bêtes (1886), couronnée par l’Académie française, et Le Clocher