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HIPPOLYTE BUFFENOIR.


LE SOLEIL ET L’HOMME

I


Ainsi donc, tout se meut, la terre et les planètes ;
Et le Soleil lui-même, Herschel l’a démontré,
S’avance incessamment dans l’éther azuré,
Comme on y voit parfois voyager les comètes.

La terre autour de lui tourne en se réchauffant :
Le voyant de si loin, notre regard débile
Le contemple, l’admire, et le croit immobile,
Tandis qu’au fond des deux il marche triomphant.

Il marche ! Il est poussé par la loi générale
Qui met en mouvement les mondes infinis,
Et par l’attraction les maintient réunis,
Sans qu’ils puissent quitter leur route sidérale.

Mais quel chemin parcourt, là-haut, l’astre géant
Qu’autrefois adorait l’humanité naissante ?
Quelle courbe décrit sa marche incandescente
Dont la clarté féconde a vaincu le néant?

Vers quel point lumineux et précis de l’espace,
Vers quel globe de feu se sent-il entraîné ?
À quelque autre soleil est-il subordonné,
Ou suit-il, un moment, une force qui passe ?

Herschel ne l’a pu dire, et d’autres après lui
Ont vainement cherché la loi de son orbite.
Il se meut, rien de plus ! Et la terre, petite,
Ne sait que tressaillir quand ses rayons ont lui !