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STÉPHANE MALLARMÉ


1842




Stéphane mallarmé, né à Paris le 18 mars 1842, a donné une traduction en prose des Poèmes d’Edgar Poë, et publié dans de nombreux recueils périodiques des poésies qui n’ont encore été réunies qu’en un très rare volume photogravé sur le manuscrit de l’auteur.

M. Catulle Mendès a dit avec finesse, dans sa Légende du Parnasse contemporain, que M. Stéphane Mallarmé était ce qu’on appelle au collège un « auteur difficile. » Il est, en effet, plus aisé de sentir le charme pénétrant et mystérieux de M. Mallarmé que de définir et d’analyser ce charme. Lorsque tant de contemporains font de la peinture avec les mots, voici un poète qui s’en sert pour faire de la musique. Les initiés qui déchiffrent, à partition ouverte, des morceaux symphoniques tels que L’Après-midi d’un Faune savent distinguer, à travers le voile des lointaines correspondances et des vagues analogies, la pensée de M. Mallarmé, ou, pour mieux dire, son rêve. Ce qui est indéniable, c’est l’influence exercée par lui, dans ces derniers temps, sur tout un groupe de jeunes artistes en vers, — décadents, symbolistes, etc., — qui l’honorent comme un Précurseur et comme un Maitre, et, chez lui comme chez eux, il convient de saluer la noble ambition de découvrir un art nouveau. La place de M. Stéphane Mallarmé était donc marquée ici, et d’ailleurs nous avons seulement choisi dans son œuvre quelques poèmes qui sont accessibles à tous les lecteurs.

F. Coppée.