Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/147

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AUGUSTE DORCHAIN


1857




Auguste Dorchain, né en 1857 à Cambrai (Nord), fit ses études classiques au lycée de Rouen et son droit à Paris, où il débuta dans les lettres en 1881.

C’est un vrai jeune, d’esprit sain et bien équilibré, qui ne craint pas de se rattacher à ce qui s est produit de bon et de beau avant lui. Il possède le pittoresque des images, la curiosité de l’expression, en un mot la forme savante sans laquelle il n’y a plus de poésie nouvelle possible ; mais il ne croit pas que des sonorités étranges puissent remplacer l’idée absente, ni l’excitation maniaque des piqûres de morphine se substituer à l’inspiration même.

Dans son premier livre, La Jeunesse pensive (1881), il souffre, il cherche, il doute, comme tout homme digne de ce nom, mais il rejette loin de lui la mode ridicule de poser pour le Bas-Empire. Porté à fuir un hypnotisme énervant, il a déjà abordé le théâtre avec une comédie shakespearienne, Conte d’Avril (1885), qui a conquis le succès par son double mérite lyrique et dramatique. Il a, en outre, écrit plusieurs à-propos en vers, L’Odéon et la Jeunesse, Alexandre Dumas, À Racine, qui ont été fort appréciés.

L’Académie française a couronné La Jeunesse pensive et Conte d’Avril.

M. Dorchain est de ceux qui permettent d’espérer qu’en dépit des théories de quelques hallucinés, ni la France ni la Poésie ne sont encore mortes.

Ses œuvres ont été publiées par A. Lemerre.

Armand Rinaud.


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