Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/257

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GEORGES PAYELLE.


Elle passe à travers les éthers saccagés.
Livrant aux vents hurleurs sa crinière héliaque,
Et son baudrier d’or, formé du Zodiaque,
Ruisselle encor du sang des astres égorgés.

Elle va, balançant au long de son épée
Une lune qui semble une tête coupée
Et dont les larges pleurs lui font un manteau blanc.

Telle, emplissant d’horreur le ciel qu’elle gouverne,
Comme la Juive antique, elle porte à son flanc
Le chef rouge et sans cou d’un nouvel Holopherne !





SUNT LACRYMÆ




Le parc ombreux où vit une âme
Chuchote à la nuit ses secrets.
Le décor sombre atteste un drame
Plein d’angoisses et de regrets.

Parmi les roseaux et les berles
Là-bas sanglote un ruisseau fou.
La rosée accroche des perles
Aux yeux des nymphes de Coustou.

Pâle veuve aux noires écharpes,
La lune erre en un ciel mouvant.
Les ifs geignent comme des harpes
Sous l’ineffable doigt du vent.