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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Un autre m’a dit que la terre
Avait reçu mon âme en fleur
À travers ce cri de douleur
Qui fait des berceaux un mystère…

Et depuis, je n’ai jamais su
Si mon destin dépend encore
Ou du cri qui l’a fait éclore,
Ou du baiser qui l’a conçu !





LE SABLIER




Ton cœur est un sablier fin,
Un joli bijou d’étagère
Où l’amour, en poudre légère,
Paraît couler, couler sans fin.

Mais non, ta tendresse est pesée !
L’amant que ton cœur préférait
De ta mémoire disparaît
Dès que la poudre est épuisée.

Et pour le remplacer, ta main
N’a qu’à retourner sur sa base
Ton petit cœur, ce double vase,
Où coulera jusqu’à demain,

Dans une chute insaisissable,
L’amour que tu mesureras
À celui que tu choisiras,
Belle oublieuse au cœur de sable !