Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/327

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JEAN AJALBERT


1863




Jean Ajalbert est né en 1863 à Levallois-Perret (Seine). Ses premiers vers lui ont été inspirés par le spectacle continu des bords pelés de la Seine à Asnières, des terrains vagues de Clichy-la-Garenne et des environs. Dans son premier volume, Sur le Vif, il s’appliquait à réaliser en poésie ce que Raffaelli a réalisé en peinture, et le regretté Robert Caze, dans une préface qu’il mit à ce livre, constatait, « de la première à la dernière page du manuscrit, l’impressionisme, la chose vécue, vue, observée, immédiatement fixée sur le papier. »

Les Paysages de Femmes et Sur les Talus révèlent plus complètement la personnalité d’Ajalbert. Dans les Paysages, il n’éprouve plus autant le besoin réaliste de préciser, il range ses courtes pièces de vers comme des pensées quil extrairait de Mémoires intellectuels secrets. Dans ce poème de six cents vers : Sur les Talus, son observation est davantage aiguisée encore, et l’harmonie poétique est neuve et curieuse. Expert dans le jeu des rimes et des rythmes, il se soucie par-dessus tout de subtile psychologie. Il évoque des paysages faits de tons atténués et d’échos troublants. Il est gouailleur et mélancolique. Il sait formuler d’une voix légère les axiomes et les contradictions de la fine diplomatie de l’amour.

Les poésies d’Ajalbert ont été éditées par Tresse et Stock et par L. Vanier.

Gustave Geffroy.