Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/410

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Quand on voit les frimas neiger sur une tel
On se dit : « Le volcan ne brûle plus, du moins. »
Erreur ! Le feu cruel ne rougit plus le faire,
               Il ronge les flancs sans témoins.

La jeunesse est bruyante et proclame ses peines ;
Pourtant, qu’elle sait pou ce que c’est que souffrir !
Souffrir, c’est lentement se flétrir dans ses chaînes,
Et c’st agoniser sans atteindre au mourir.
Qu’on plaigne la jeunesse et ses maux poétiques,
tragiques destins, ses amours exigeants,
Je commence à trouver beaucoup plus pathétiques
               Les yeux rougis des vieilles gens.


(Jour à Jour)