Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/467

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HÉLÈNE VACARESCO.


Les mains jointes, en pleurs, Marie et Madeleine
Parmi les fleurs d’argent suivent l’Agneau divin,
Et le ciel semble encor plus doux et plus prochain
À l’ascète courbé sur l’œuvre surhumaine.

Là-bas dans les vallons où neige le printemps,
Les amoureux s’en vont par les chemins tentants,
Croyant sur eux aussi que le ciel s’ouvre et chante.

L’homme vêtu de bure et la sandale au pié
Voie le démon railleur se tordre foudroyé,
Parmi les floraisons que trace sa main lente.





CHANT GUERRIER




Lorsqu’on a bien joué du sabre et de la lance,
Lorsque la voix d’airain des clairons a chanté,
Avec le geste fier du vainqueur qui s’élance
Il est beau de mourir dans sa virilité,

Tomber raide, les yeux pleins d’un éclair farouche,
Parmi les forts, parmi les braves, tout puissant,
Et les bras étendus et le rire à la bouche,
Dans le val inondé de soleil et de sang.

Baisé par les rayons, frôlé de l’herbe haute,
Après la lutte, après l’hymne alticr des combats
Et le piétinement des chevaux, côte à côte
Avec mes frères morts je veux dormir là-bas.