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SAINT-JUST

politiques, mais en insistant sur une amitié dont peut-être on doutait déjà :

J’ai été témoin de son indignation à la lecture de la loi du 22 prairial dans le jardin du quartier-général de Marchiennes-au-Pot devant Charleroi. Mais je dois le dire, il ne parlait qu’avec enthousiasme des talents et de l’austérité de Robespierre et il lui rendait une espèce de culte[1].

On ne peut nier qu’au début, surtout avant de le connaître, il est subjugué : « Vous que je ne connais que comme Dieu par des merveilles… » Plus tard les quelques lignes écrites d’Alsace au bas des lettres de son collègue ont un caractère presque officiel, elles ressemblent à des ordres :

On fait trop de lois, trop peu d’exemples… engage les comités à donner beaucoup d’éclat à la punition de toutes les fautes du gouvernement… Je t’invite à faire prendre des mesures pour savoir si toutes les manufactures & fabriques de France sont en activité, et à les favoriser, car nos troupes dans un an se trouveraient sans habits… Je t’embrasse toi et nos amis communs.

C’est tout. Nous n’avons donc bien que le discours du 9 thermidor, avec le témoignage des plus intimes collègues, quelques indications prises

  1. Note reproduite en tête des œuvres de St-Just.