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poèmes épars

La harpe magique

(Traduit de l’anglais de Charles Mackay)


Parmi les saules, à la brune,
Sur la rive d’un noir torrent,
Dont le clair rayon de la lune
Caressait le flot murmurant,
Une harpe était suspendue
Vibrant sous d’invisibles doigts.
Harpe d’or ! s’il l’eût entendue,
Un ange eût envié ta voix !

Attiré par cette harmonie,
Suave comme un chant des cieux,
Un étranger, fatal génie,
Passait alors silencieux.
Il vint dans le bocage sombre.
Sous les coups de sa rude main,
Comme des étoiles dans l’ombre,
Les chants atteignirent soudain !