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VIII


DERNIÈRES ANNÉES D’ÉMILE ZOLA. — SA MORT. — LE PANTHÉON
(1902)


L’existence d’Émile Zola a été, en somme, douce et heureuse, sauf la déchirure de l’affaire Dreyfus, et les années de pauvreté du début. Notre auteur a supporté allègrement les privations et les inquiétudes de l’apprentissage littéraire ; au cours de l’affaire tourmentée, il s’est montré très calme, très maître de soi, il a même dû ressentir alors des émotions fortes, au charme âpre, quelque chose de la volonté de Napoléon impassible, au milieu du carnage d’Eylau.

Il n’a pas été écrasé par des deuils affreux et imprévus : la perte affligeante de sa bonne mère est survenue à une époque normale. Il n’a pas été secoué par de grandes crises de cœur. L’amour physique, qui le préoccupait surtout, lui a été favorable, même dans ses dernières années. L’argent, dès la trentième année, lui est venu. Il était, ce qui est le cas de nombre d’auteurs, toujours anxieux, douteur, et mécontent des œuvres qu’il avait patiemment préparées et laborieusement achevées, mais cela durait peu. Il a été de bonne heure reconnu chef de groupe, puis d’école, ce qui lui plaisait, bien qu’il n’en