Page:Lepelletier - Paul Verlaine, 1907.djvu/329

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de fâcheux sur la conduite de sa femme. Je me serais bien gardé de lui rapporter de désobligeants récits ou de lui faire part d’une situation scandaleuse, si elle avait existé. Il eût été assez tôt renseigné par ailleurs, et il était inutile de le surexciter et de l’accabler. Mais en réalité, il n’y avait rien à dissimuler, et je n’aurais rien pu lui révéler. Mme Mathilde Verlaine vivait dans sa famille. Si elle n’avait rien à redouter d’une investigation intime, par contre, elle ne paraissait nullement animée d’intentions conciliatrices, et ne semblait aucunement désirer le retour de son mari. Elle paraissait satisfaite de la situation qui lui était faite, et comme heureuse d’une délivrance attendue.

D’où cette nouvelle lettre, plutôt apaisée, et presque confiante dans une solution favorable. On remarquera, conséquence de la tranquillité d’esprit relative que la certitude de la conduite régulière de sa femme lui donnait, l’abondance des projets littéraires dont il me faisait part, en même temps que la hâte témoignée au sujet de la publication des Romances sans paroles.

Il se trouvait dans l’indécision sur la conduite à tenir vis-à-vis de sa femme. Il espérait toujours secrètement un raccommodement. Sa mère le lui avait presque garanti. L’éloignement de Rimbaud contribuait à cette détente.

Mme Verlaine et ses conseils, cependant, ne désarmaient nullement. J’engageai Verlaine à charger un homme d’affaires de ses intérêts, de la surveillance de la procédure, des démarches et entrevues avec les avoués et les avocats. Je ne pensais pas qu’il dût abandonner toute défense, et il m’était impossible de m’en occuper assidûment. J’étais sur le point de quitter Paris, pour aller diriger, à Sens, un journal, traqué à Paris,