Page:Leprohon - Antoinette de Mirecourt ou Mariage secret et chagrins cachés, 1881.djvu/120

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Au moment où il donnait la main à Antoinette, celle-ci se pencha vers lui et dit à voix basse, de manière à ne pas être entendue des autres :

— Promettez-moi de garder mon secret ?

— Cette promesse, répondit-il avec bienveillance, je l’ai déjà faite au major Sternfield et je vous la renouvelle : je n’ai pas besoin de vous dire qu’elle est inviolable.

— Merci !

Puis, élevant un peu la voix :

— Monsieur Ormsby, vous êtes témoin de cette déclaration que je fais devant vous au major Sternfield : tant que notre mariage ne sera pas connu du monde, tant qu’il n’aura pas été de nouveau célébré par un prêtre catholique, nous ne serons, lui et moi, qu’étrangers l’un à l’autre.

Le docteur Ormsby inclina gravement la tête et sortit de la chambre. En le reconduisant à la porte, la domestique s’étonna un peu de ce départ aussi à bonne heure : elle était bien loin de soupçonner la terrible influence qu’avait eue, si court qu’il eut été, le séjour de cet étranger dans la maison sur la destinée entière de deux des personnes qui se trouvaient au salon.

Celles-ci étaient restées autour de la table comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé, madame d’Aulnay et Sternfield échangeant quelques observations banales sur les manières et la contenance distinguées du révérend M. Ormsby. De temps à autre