Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/180

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
178

— Mais il t’a écrit deux fois et moi une fois, mais nous n’avons reçu aucune réponse. Est-ce que tu t’es absenté de la ville dernièrement ?

— Oui, je suis allé passer quelques jours chez madame Belfond à Saint-Étienne, mais je vous ai écrit un mot pour vous en prévenir et j’ai laissé à ma pension des ordres précis de m’envoyer les lettres qui me seraient adressées à Montréal.

— Alors il faut qu’il y ait eu quelque chose de travers, parce que nous n’avons reçu depuis très-longtemps une seule lettre de toi.

— C’est une énigme qui doit être déchiffrée, reprit Armand d’une voix sévère. Je crains fort que quelque trahison ait été mise en jeu.

— Chut ! ne dis pas cela ! répliqua madame Ratelle d’un ton suppliant ; Paul pourrait nous entendre ; mais avant qu’il ne vienne, j’ai quelque chose à te communiquer, et c’est mieux que tu l’apprennes plutôt de moi que d’un autre.

— Dites, ma bonne tante Ratelle, je vous écoute.

Mais la tante Ratelle qui, sans doute, ne trouvait pas la tâche facile, sembla hésiter, puis faisant un effort sur elle-même :

— Tu dois penser, dit-elle, que ton pauvre père, après les deux lettres que nous t’avions écrites pour t’informer qu’il était dangereusement malade et chaque fois que nous avons craint que son rhumatisme lui gagnât le