Page:Leprohon - Armand Durand ou la promesse accomplie, trad Genand, 1869.djvu/307

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au bruit courant de mon mariage avec elle. Les deux familles sont dans les meilleurs termes d’amitié, se faisant souvent des visites et se rendant des politesses. Mais quelle différence il y a entre les deux ! Ah ! Gertrude est trop spirituelle et trop fière pour un pauvre diable comme moi. Elle te conviendrait mieux.

Heureusement que, pendant qu’il parlait ainsi, Belfond était occupé, selon une vieille habitude, à frapper du bout du pied le pied de la table sculptée en patte de lion, en sorte qu’il ne s’aperçut pas de la vive rougeur que ses dernières paroles avaient fait monter à la figure de son ami.

— Et maintenant, Armand, continua-t-il, aimerais-tu à être garçon d’honneur ?

— Pas du tout, mon cher ami, répondit-il à la hâte : tu sais l’aversion que j’ai pour ces sortes de cérémonies. Je désire rester dans ma coquille comme un limaçon.

— C’est ce que je pensais ; aussi, j’ai promis conditionnellement à Arthur d’Aulnay, mon futur beau-frère, que si tu n’acceptais pas je le choisirais. Il brûle d’être garçon d’honneur, car il est profondément frappé de mademoiselle de Beauvoir et, comme il n’a que dix-huit ans, tu peux imaginer les chances qu’il court. Maintenant il faut que je parte, car j’ai à choisir une garniture de perles pour ma perle incomparable ; mais avant de nous séparer, Armand, un mot d’avis pour toi. Comme tu sais apprécier mon amitié, n’essaies jamais de me faire endever sur ce

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