Page:Leroux - L'Epouse du Soleil.djvu/80

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rition de ce fantôme qui avait surgi devant eux comme pour leur rappeler que, lui aussi, avait eu une fille, belle et aimée, une fille qui avait disparu dix ans auparavant, pendant les fêtes de l’Interaymi… une fille qu’il ne reverrait jamais plus ! De ce malheur, le marquis ne doutait point maintenant. Il se laissa tomber, atterré sur une chaise et, quand on lui servit son repas, il ne toucha à aucun plat, malgré les encouragements de Natividad qui lui rappelait les promesses de Huascar. Quant à Raymond, après avoir entendu l’exclamation du marquis, il était descendu sur la place, et, au coin de cette place où se trouve une rue qui conduisait à la petite maison en adobes du Rio Chili, il rejoignit le grand squelette de vieillard et lui mit la main sur l’épaule. L’autre se retourna et, un instant, fixa Raymond :

— Que me voulez-vous ? lui demanda-t-il d’une voix sans force et sans accent.

— Je voudrais savoir pourquoi vous suivez cet homme. Et il lui montra Huascar qui tournait le coin de la calle.

— Comment ! vous ne le savez pas ? fit le vieillard étonné. Vous ignorez donc que nous serons bientôt au grand jour de l’Interaymi ? J’ai suivi cet homme qui commande l’escorte de l’Épouse du Soleil. C’est