Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/141

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



— Je la connais, dis-je, et Jim aussi — du moins, je lui ai lu un livre où on parle de vous et qui fait un joli éloge de votre geôlier Simon.

— Simon ? répéta le vieux d’un air étonné… Oui, je lui dois beaucoup à mon brave geôlier.

— Comment ! Ce gueux de savetier qui vous donnait des coups d’étrivières et vous appelait Capet ?

Eh bien, je suis feu le Dauphin !

— Oh ! on s’est trompé sur son compte, comme on s’est trompé en croyant à ma mort. Devant le monde, il feignait de me maltraiter ; mais dès que nous étions seuls il se jetait à mes genoux, et… C’est grâce à lui que j’ai pu gagner l’Amérique… Pauvre Simon, on a refusé de reconnaître ton maître et on te calomnie… Bridgewater, convenez que le roi de France a aussi le droit de dire : « Coulez, coulez, mes pleurs ! »

De grosses larmes mouillaient ses joues. Aussi ce bon Jim le plaignait-il encore plus qu’il n’avait plaint le duc. Pour ma part, je me re-