Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/240

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mais il n’y a pas moyen. L’oncle Silas a écrit à la Nouvelle-Orléans ; il ne tardera pas à apprendre que l’offre de 200 dollars est une attrape, et alors il lâchera Jim, ou fera une annonce dans les journaux. Nous n’avons donc qu’à creuser le tunnel le plus tôt possible et à délivrer notre prisonnier à la première alerte. Rien ne nous empêchera ensuite de supposer qu’il a passé trente-sept ans dans son cachot.

— À la bonne heure, Tom ! Nous voilà d’accord. Nous supposerons tout ce que tu voudras. Pour peu que tu y tiennes, je supposerai qu’il y est resté cent ans. Maintenant, tu peux compter sur moi pour escamoter les deux couteaux.

— Prends-en trois, pendant que tu y seras. Il m’en faut un pour faire une scie.

— C’est inutile, répliquai-je. Tu oublies donc qu’on a laissé dans notre chambre une petite scie toute faite ?

Tom haussa de nouveau les épaules d’un air découragé.

— Une scie toute faite ? répéta-t-il. Pour un prisonnier ? C’est perdre son temps que d’essayer de t’apprendre quelque chose… Enfin, va toujours emprunter les couteaux — trois couteaux, entends-tu ?