Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/259

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c’est là le vrai nom d’une fleur dans une prison. Tu l’arroseras…

— Oh ! ce n’est pas l’eau qui me manquera, j’ai ma cruche.

— Laisse-moi tranquille avec ta cruche. Tu arroseras le bouillon-blanc avec tes larmes, autrement, nous ne pourrions pas l’appeler Picciola.

— Alors, le bouillon-blanc mourra de soif, massa Tom. Demandez à Huck s’il m’a jamais vu pleurer.

Tom parut un moment embarrassé ; mais il tenait à son idée et n’y renonça pas pour si peu.

— Eh bien, dit-il, nous nous en tirerons tout de même. Je mettrai une botte d’oignons dans le panier de Sambo et tu les couperas quand Picciola aura besoin d’être arrosée. Te voilà content, j’espère ?

Jim répondit qu’il aimerait mieux du tabac ; puis il envoya aux cinq cents diables Picciola, les araignées, les inscriptions et le reste. Cette fois, Tom perdit patience.

— Quoi ! s’écria-t-il, on te fournit les meilleures occasions qu’un prisonnier ait jamais eues de devenir célèbre, et c’est ainsi que tu nous remercies ? Tu ne mérites pas que l’on se donne tant de peine pour toi. Est-ce que nous ne savons pas mieux qu’un nègre comment il faut sortir d’un cachot ? Tiens, je suis presque tenté de boucher notre tunnel avant d’aller me coucher.

Bref, il se fâcha si bien, que Jim eut peur de se voir abandonné et promit de ne plus se plaindre.