Page:Les Aventures de Huck Finn.djvu/66

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troncs d’arbres accrochés en route et qui ralentissaient sa marche. Elle était à deux étages et penchait en avant. Nous l’atteignîmes en pagayant, et, à défaut de porte, Jim entra par une croisée qu’il enfonça avec son aviron. Il ne faisait pas encore assez clair pour bien voir à l’intérieur ; nous attachâmes le canot à l’arrière de l’épave et nous nous assîmes. Le jour vint avant que nous eussions atteint la pointe de l’île. Alors, en regardant par la fenêtre, nous distinguâmes un lit, une table, des chaises renversées et une foule d’objets qu’on semblait avoir jetés au hasard sur le parquet. Quelque chose gisait dans le coin le plus éloigné de la croisée ; ça avait l’air d’un homme endormi.

La maison flottante.

— Holà ! hé ! cria Jim.

Rien ne bougea. Je criai à mon tour ; puis Jim sauta dans la chambre.

— Il ne dort pas, me dit-il au bout d’un instant. Non, ma foi. Il a reçu une balle dans la poitrine et il doit être mort depuis deux ou trois