Page:Les Eddas, trad. Puget, 2e édition.djvu/35

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LE VOYAGE DE GYLFE. 21

chauds. L’abîme de Ginnung était aussi léger que l’air le plus pur. La chaleur, avançant toujours davantage, atteignit les glaces, les fondit, et forma des gouttes d’eau. La puissance de celui qui envoyait la chaleur leur donna la vie ; il en résulta une forme humaine qui fut nommée Ymer ; les Hrimthursars l’appellent Œrgelmer ; c’est l’auteur de leur race, comme il est dit dans le chant de Voluspa :

« Toutes les devineresses descendent de Vidolf, tous les devins de Vilmeid, tous les magiciens de Swarthœfde, tous les géants d’Ymer. »

Et dans la strophe suivante, le géant Vafthrudner dit :

« Comment Œrgelmur, le savant géant, le premier des fils de Jœtnar, a-t-il fait, quand des gouttes de poison, venues d’Elivôgor, ont créé, en s’accumulant, un Jœte ? » Nos races descendent de lui, c’est pourquoi nous sommes si rudes.

Ganglere demanda encore : Comment se fait-il que toutes les races descendent d’Œrgelmer ? d’autres hommes furent-ils créés, ou bien crois-tu que celui dont tu parles était un dieu ? — Nullement, répondit Har, car il était méchant ; tous ses descendants, que nous nommons Hrimthursars, le furent également. Voici ce qu’on raconte à ce sujet : Œrgelmer, s’étant endormi, tomba en sueur. Un homme et une femme poussèrent alors sous son bras gauche, et ses deux pieds engendrèrent un fils ; c’est l’auteur des diffé-