Page:Lettres d’un habitant des Landes, Frédéric Bastiat.djvu/114

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Permettez-moi de vous offrir l’expression de toute mon affection.

F. Bastiat.




Le soir, Lyon, 14 septembre 1850.


Chère madame Cheuvreux,



Je pars demain pour Marseille. En prenant le bateau de onze heures, on n’a que l’inconvénient de coucher à Valence, et ce n’en sera pas un pour moi puisque j’aurai le plaisir de porter des nouvelles à votre frère le capitaine.

Si vous passez à Lyon ne manquez pas de gravir Fourvières ! C’est un horizon admirable où l’on embrasse d’un coup d’œil les Alpes, les Cévennes, les montagnes du Forez et celles de l’Auvergne. Quelle image du monde que ce Fourvières ! En bas, le travail et ses insurrections ; au milieu, des canons et des soldats ; en haut, la religion avec toutes ses tristes excroissances. N’est-ce pas l’histoire de l’humanité ?

En contemplant le théâtre de tant de luttes sanglantes, je pensais qu’il n’est pas de besoin