Page:Lettres d’un habitant des Landes, Frédéric Bastiat.djvu/121

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Apennins me paraît bien hasardé à la fin d’octobre.

Je comptais écrire à Mlle Louise, car, ainsi qu’un bon gouvernement veut bien prélever beaucoup d’impôts mais les répartit également, je sens la nécessité de diviser le poids de mes lamentations ; ma lettre n’eût pas été aimable, hélas ! En route je n’ai su voir que le côté répréhensible et critiquable des choses. Les couleurs ne sont pas sur les objets, je le sens ben, elles sont en nous-mêmes. Selon qu’on est noir ou rose, on voit tout en noir ou en rose.

Adieu, je ne puis plus tenir la plume sous le frémissement de la vapeur.


Votre dévoué,


F. Bastiat.




Pise, 2 octobre 1850.


Chère madame Cheuvreux,



Sans doute nous nous plaignons tous deux l’un de l’autre : vous de ce déluge de lettres dont je vous accable, et moi je me désole de n’en recevoir aucune. Mais je ne vous accuse pas, il est impossible que vous ayez laissé passer tout ce temps sans m’écrire ; j’attribue mon désappointement à quelque malentendu de la poste italienne. Cette explication est d’autant plus vraisemblable que je suis aussi sans nouvelles de ma famille et de Paillotet.