Page:Lichtenberger - La Philosophie de Nietzsche.djvu/193

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APPENDICE


Il est extrêmement curieux de constater que l’hypothèse si caractéristique et, en apparence, si profondément originale du Retour éternel — cette hypothèse qui apparaissait à Nietzsche comme le couronnement de son œuvre et comme une sorte de mystère redoutable dont la révélation devait bouleverser l’humanité — a été conçue et formulée vers la même époque par deux penseurs français, par Blanqui en 1871 et par le docteur Gustave Le Bon en 1881, l’année même où à Sils Maria elle apparaissait brusquement à l’horizon de la pensée de Nietzsche. Et ce qu’il y a de plus étrange, c’est que cette rencontre a été purement fortuite. M. Le Bon ne soupçonnait pas l’existence de la théorie de Blanqui au moment où il écrivait L’homme et les sociétés. Quant à Nietzsche, on peut affirmer à coup sûr qu’il n’a pas connu ses devanciers. Mme Förster-Nietzsche n’a jamais entendu son frère parler ni de l’un ni de l’autre ; leurs ouvrages ne figurent pas dans sa bibliothèque ; enfin l’année 1881 est l’une de celles où Nietzsche a été le plus malade, et où ses maux de tête ainsi que la faiblesse de ses yeux lui rendaient à peu près impossible toute lecture nouvelle. Force nous est donc d’admettre que les trois penseurs sont arrivés indépendamment l’un de l’autre à l’hypothèse du Retour éternel.

La théorie de Blanqui se trouve exposée dans l’Éternité par les astres, une sorte de poème en prose que le grand