Page:Lissagaray - Histoire de la Commune de 1871, MS.djvu/182

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nant qui commandait le feu, les soldats livrèrent les fusils. Ce jour-là, les délégués des communes voisines arrivèrent et Digeon s’occupa de généraliser le mouvement.

Il avait très bien compris que les insurrections départementales s’effondreraient vite si elles n’étaient fortement reliées et il voulait tendre la main aux soulèvements de Toulouse et de Marseille. Déjà Béziers, Perpignan, Cette, lui avaient fait promettre leur appui. Il s’apprêtait à partir pour Béziers, quand, le 28, deux compagnies de turcos arrivèrent, bientôt suivies d’autres troupes envoyées de Montpellier, Toulouse et Perpignan. Digeon dut se renfermer dans la défensive, fit élever des barricades, renforça les postes, recommandant aux insurgés d’attendre toujours l’attaque et de viser uniquement les officiers…

Nous reviendrons. Paris nous rappelle. Les autres agitations de province ne furent que des tressaillements. Le 28, au moment où Paris s’absorbe dans sa joie, il n’y a plus dans toute la France que deux Communes debout, Marseille et Narbonne.




CHAPITRE XI


« La Révolution est dans le peuple et non point dans la renommée de quelques personnages. »
Saint-Just à la Convention, 31 mai 1794.

Premières séances de la Commune. — Désertion des maires et adjoints.

La place vibrait encore, quand une soixantaine des élus de Paris se rencontrèrent à l’Hôtel-de-Ville. Beaucoup ne s’étaient jamais vus ; la plupart se con-