Page:Lissagaray - Histoire de la Commune de 1871, MS.djvu/457

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maire de la Guillotière, Crestin, appelé en témoignage, ne reconnut aucun de ceux qu’il avait vus, ce jour-là, dans sa mairie. — Présidents des conseils : les colonels Marion et Rebillot.

À Limoges, Dubois et Roubeyrol, démocrates estimés de toute la ville, furent, par contumace, condamnés à mort comme principaux auteurs de la journée du 4 Avril ; deux, condamnés à vingt ans, pour s’être vantés de connaître ceux qui avaient tiré sur le colonel Billet. Un autre eut dix ans pour avoir distribué des munitions.

Les jugements par le jury varièrent. Celui des Basses-Pyrénées acquitta, le 8 août, Duportal et les quatre ou cinq personnes accusées du mouvement de Toulouse. Acquittement à Rodez où Digeon et les accusés de Narbonne comparurent après une détention de huit mois. Une population sympathique remplissait la salle et les abords du tribunal, et acclama les accusés à leur sortie.

Le jury de Riom condamna, pour les affaires de Saint-Étienne, vingt-et-un accusés dont un au bagne, le membre de la Commune Amouroux qui s’était borné à envoyer de Lyon deux délégués.

Le jury d’Orléans fut sévère pour les accusés de Montargis qu’il condamna tous à la prison, et atroce pour ceux de Cosnes et de Newry-sur-Loire où l’on n’avait fait aucune résistance. Ils étaient vingt-trois, dont trois femmes. Tout leur crime était d’avoir promené un drapeau rouge et crié : Vive Paris ! À bas Versailles ! Malardier, ancien représentant du peuple, arrivé seulement la veille de la manifestation et qui n’y avait pris aucune part, fut condamné à 15 ans de détention. Aucun accusé ne fut acquitté. Les propriétaires du Loiret vengeaient les terreurs de leurs confrères de la Nièvre.

Les agitations de Coulommiers, Nîmes, Dordives, Voiron donnèrent lieu à quelques condamnations.

Au mois de juin 72, le gros œuvre de la répression était terminé. Des 36 309 prisonniers hommes, femmes et enfants, non compris les 5 000 militaires que les Versaillais ont avoués, 1 179, disaient-ils, étaient morts entre leurs mains ; 22 326 avaient été libérés en 72 après de longs mois d’hiver dans les pontons, les