Page:Lissagaray - Les huit journees de mai, Petit Journal Bruxelles, 1871.djvu/68

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ces ressources puissantes, l’armée versaillaise aurait fondue dans Paris. Mais les fédérés ne virent pas en général plus loin que leurs quartiers ou même que leurs rues, et ils ne surent pas changer la tactique des luttes populaires. Au lieu d’abandonner les barricades à l’artillerie seule, et d’occuper en tirailleurs les maisons en avant, ils se massèrent en général derrière les pavés. Le Comité avait bien ordonné d’occuper toutes les maisons nécessaires à la défense, mais cet ordre, reçu trop tard, ne pouvait être que difficilement exécuté. Les maisons occupées devaient de toute nécessité communiquer entre elles ; or, il était difficile de percer les gros murs juste au dernier moment. Il eût fallu y songer pendant le siège. En désignant à chacun son poste de combat intérieur, en l’exerçant sur place à la défense, on aurait pour l’avenir évité bien des rigueurs.

Les Versaillais, qui, la veille, en marchant sur l’Hôtel de ville, s’en seraient emparés sans coup férir, trente heures après, lundi encore, auraient pu, en deux heures, balayer ces barricades embryonnaires. Mais ces 130,000 héros, qui n’avaient pas devant eux 10,000 hommes, n’osèrent pas. On a dit qu’ils étaient épuisés, qu’ils opéraient depuis vingt--