Page:Liszt - F. Chopin, 1879.djvu/209

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dans lequel il fut élevé pour les beautés classiques, le préservèrent de perdre ses forces en tâtonnemens malheureux et en demi-réussites, comme il est arrivé à plus d’un partisan des idées nouvelles.

Sa studieuse patience à élaborer et à parachever ses ouvrages le mettait à l’abri des critiques qui enveniment les dissentimens, en s’emparant de victoires faciles et insignifiantes dues aux omissions et à la négligence de la mégarde. Exercé de bonne heure aux exigences de la règle, ayant même produit de belles œuvres dans lesquelles il s’y était astreint, il ne la secouait qu’avec l’à-propos d’une justesse savamment meditée. Il avançait toujours en vertu de son principe, sans se laisser emporter à l’exagération ni séduire aux transactions, délaissant volontiers les formules théoriques pour ne poursuivre que leurs résultats. Moins préoccupé des disputes d’école et de leurs termes que de se donner la meilleure des raisons, celle d’une œuvre accomplie, il eut ainsi le bonheur d’éviter les inimitiés personnelles et les accommodemens fâcheux. Plus tard, le triomphe de ses idées ayant diminué l’intérêt de son rôle, il ne chercha pas d’autre occasion pour se placer de rechef à la tête d’un groupe quelconque. En cette unique occurrence où il prit rang dans un conflit de parti, il fit preuve de convictions absolues, tenaces et inflexibles, comme toutes celles qui, en étant vives, se font rarement jour. Mais, sitôt qu’il vit son opinion avoir assez d’adhérens pour