Page:Littré - Pathologie verbale ou lésions de certains mots dans le cours de l’usage.djvu/25

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Longtemps, le mot n’en a pas eu d’autre ; puis, au seizième siècle, on voit apparaître celui de penchant de colline. En cette acception l’ancienne langue disait un pendant. La côte d’une colline a été ainsi nommée par la même suggestion qui forma côté (costé) et coteau (costeau). On y vit une partie latérale, assimilée dès lors sans difficulté aux os composant la partie latérale de la poitrine. C’est le seizième siècle qui a eu le mérite d’imaginer un tel rapport. Nous usons, sans scrupule, de sa hardiesse néologique qui susciterait plus d’une clameur si elle se produisait aujourd’hui. Toutefois notons que nos aïeux (les aïeux antérieurs au seizième siècle) n’avaient pas été trop mal inspirés en nommant au propre un pendant ce que nous nommons une côte au figuré.

Cour. — Il y avait dans le latin un mot cohors ou chors qui signifiait enclos. Il se transforma dans le bas latin en curtis, qui prit le sens général de demeure rurale. Devenu français, il s’écrivit, étymologiquement, avec un t, court, et figure sous cette forme dans maints noms de lieux, en Normandie, en Picardie et ailleurs. Comme, sous les Mérovingiens et les Carolingiens, les seigneurs et les rois habitaient ordinairement leurs maisons des champs, court prit facilement le sens de lieu où séjourne un prince souverain. On a là un