Page:Loix et constitutions des colonies franc̜oises de l’Amérique sous le vent - 1750-1765.djvu/231

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de l'Amérique sous le Vent.

Arrêt du Conseil du Cap, touchant l’Empoisonneur Macandal a ses Complices, et qui ordonne la publication de l’Edit du mois de Juillet 1682, sur les Poisons.

Du 20 Janvier 1758,

Vu par le Conseil le procès criminel extraordïnairement fait et instruit par continuation de procédures par le Lieutenant Criminel du Cap, à la requête du Substitut du Procureur Général du Roi, Demandeur et Accusateur contre le nommé François Macandal, Défendeur et Accusé, prisonmer ès prisons de cette Ville du Cap, appelant de Sentence contre lui rendue ce jourd’hui par ledit Lieutenant Criminel, par laquelle il a été déclaré dûment atteint et convaincu de s’être rendu redoutable parmi les Nègres, et de les avoir corrompus et séduits par des prestiges, et fait se livrer à des impiétés et des profanations auxquelles il se seroit lui-même livré, en mêlant les choses saintes dans la composition et l’usage de paquets prétendus magiques, et tendant à maléfices, qu’il faisoit et vendoit aux Nègres ; d’avoir en outre composé, vendu, et distribué des poisons de toute espèce : pour réparation de quoi il auroit été condamné à faire amende honorable, nu en chemise, tenant en ses mains une torche de cire ardente, du poids de deux livres, au devant de la principale porte de l’Eglise paroissiale de cette Ville, où il seroit amené par l’Exécuteur de 1a haute Justice, ayant écriteau devant et derrière, avec l’inscription : Séducteur, Profanateur, et, Empoisonneur ; et là, étant nu - tête et à genoux, dire et déclarer que, malicieusement et méchamment, il auroit séduit et corrompu les Nègres par des prestiges, les auroit fait se livrer et se seroit livré lui-même à des impiétés et profanations, en mêlant les choses saintes dans la composition et l’usage des paquets prétendus magiques, et tendant à maléfices, qu’il faisoit et vendoit aux Nègres, et d’avoir en outre composé, vendu, et distribué des poisons de toute espèce, dont il se repent, en demande pardon à Dieu, au Roi, et à la Justice, et à être ensuite brûlé vif, et à cet effet conduit par l’Exécuteur de la haute-Justice sur la place publique de cette Ville, où il seroit attaché à un poteau, pour son corps réduit en cendres, être icelles jetées au vent ; ledit François Macandal préalablement appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, pour avoir révélation des complices de son crime : conclusions du Procureur Général du Roi, et ouï et interrogé en la Chambre ledit François Macandal Sur la cause d’appel et cas à lui imposés et ouï le rapport de

Tome ir.

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