Page:London - En pays lointain.djvu/77

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Et pourquoi donc, Dave Wertz ? demanda Sigmund. Pourquoi ne chanterais-je pas si le cœur m’en dit ?

– Parce qu’il ne le faut pas, voilà tout. Jette un regard autour de toi, l’ami, et pense à la nourriture dont nous avons souillé nos organes pendant les derniers douze mois et a la façon dont nous avons vécu et trimé comme des bêtes.

Sigmund, l’homme aux cheveux d’or, ainsi sermonné, examina tout ce qui l’entourait, depuis les chiens-loups au pelage givreux jusqu’aux images de vapeur produits par la respiration de ses camarades.

— Pourquoi mon cœur ne serait-il pas gai ? dit-il en riant. Tout va bien ! Quant à la mangeaille…

Il plia le bras et caressa son biceps saillant.

— Et si nous avons vécu et trimé comme des bêtes n’avons-nous pas été payés comme des rois ? Le filon rend vingt dollars à la batée et nous savons qu’il est profond de huit pieds. C’est un autre Klondike, — nous en sommes sûrs — et Jim Hawes, que voilà à côté de toi, le sait aussi, et il ne s’en plaint pas. Et Hitchcock ! Il coud les mocassins comme une vieille femme et attend ce que l’avenir lui réserve. Il n’y a que toi qui ne puisses attendre et travailler jusqu’au moment du lavage, au printemps. Alors, nous serons tous riches comme des Crésus. Seulement, tu perds patience. Tu veux retourner aux États. Moi aussi ; j’y suis né. Mais je peux attendre, lorsque chaque jour je vois l’or de la batée, jaune comme le beurre dans la baratte. Toi. tu voudrais déjà mener