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LA CHINE EN FOLIE

diaska. Le malheur, vois-tu, appelle le malheur.

Veux-tu une pomme ou bien une cigarette ? Veux-tu du thé ? Entends le vent siffler dehors ! entends ! Et ce fut sur ma Sibérie une grande nuit de malédiction. Il fallait fuir. Heureuses, mes petites sœurs de Pétrograd, qui purent s’exiler vers l’Europe. Moi je suis d’Asie, fille d’Est. Je partis tout droit sur mon chemin. Ici, écoute ce que je vais dire.

As-tu vu des esclaves dans tes lointains voyages ? Regarde : en voici une. Femmes russes et errantes de l’Extrême-Orient, nous sommes au pouvoir des Chinois.

Elle fit le geste d’arracher de tout son corps une enveloppe qui l’aurait dégoûtée.

— Des Chinois ! Je suis de ta race. Je suis une petite fille blanche. Je n’ai jamais péché que la corde au cou. Enfin ! Ce qui se passe doit se passer ! Pauvres Russes ! Nous payons pour les Américains, les Anglais et pour les tiens de ton pays. Le jaune trouve aujourd’hui un blanc qui n’a ni consul ni ambassadeur, alors il nous palpe à son aise. Mais je vais te raconter l’histoire. Tu n’es pas mal dans ce fauteuil. Que ferais-tu, seul, dans ta chambre ? La nuit est longue et tout à l’heure on s’aimera.