Page:Longfellow - Évangéline (traduction Léon Pamphile LeMay), 1870.djvu/126

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
132
ÉVANGÉLINE

Et court au-devant d’eux en leur ouvrant ses bras.
Les voyageurs, d’abord, ne le connaissent pas ;
Se demandent entre eux quel est cet aimable hôte,
Et sont heureux d’avoir abordé cette côte.
Mais leur incertitude au plaisir a cédé ;
Comme un vase trop plein leur cœur a débordé !
Sous les traits rembrunis de ce vieux pâtre agile
Leurs yeux ont reconnu le forgeron Basile !
Bien doux furent alors les longs embrassements,
Bien doux les gais propos et les épanchements !
Des pauvres exilés sur la rive étrangère !
La peine de l’exil alors parut légère !


Basile conduisit au milieu d’un jardin
Ces amis que le ciel lui redonnait soudain.
Et là, parmi les fleurs nouvellement écloses,
Ensemble on s’entretint de mille et mille choses.