Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 10.djvu/177

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LAMARTINE


Le poète que je connais le moins.

Nonchalance de son écriture. Monotonie de son rythme. Vanité qu’il a de ne rien comprendre à son propre génie.

L’idée mère de ses meilleurs poèmes est écrite n’importe comment. À propos du souvenir, il veut un paradis :


Non plus grand, non plus beau, mais pareil,
                                                  mais le même.


Il ne fait aucun effort pour donner un peu moins de lourdeur, un peu plus d’élan, à son vers le plus affectueux.

Mais, à Côté du sujet, comme au hasard, et dès la seconde page de ce long poème, il a trouvé en passant :


Le linceul même est tiède au cœur enseveli.


Admirable vers, improvisé dans le tas ; pas placé.

L’idée était bien ; l’image, quelconque ; et la merveilleuse douceur des syllabes, éveille douze fois, comme une rime, la douceur de la pensée.