Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 10.djvu/19

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II

RONSARD ET MARIE DUPIN


Ronsard a écrit trois volumes de vers pour trois femmes différentes.

La première et la dernière, Cassandre et Hélène, ne l’approchèrent point ; l’une parce qu’elle était trop belle et l’autre parce qu’elle était hideuse. C’est du moins ce qu’en disent ceux qui les ont connues ; mais Ronsard, ne voulait rien d’elles que leurs noms à mettre en sonnets, fit Cassandre plus belle encore que Cassandre, et daigna donner à Hélène tout ce que Dieu lui avait refusé. Aussi nous les voyons toutes deux incomparables.

Cependant, entre ces deux passions chimériques, dont l’une s’explique aisément par l’extrême jeunesse de l’auteur, et l’autre plus aisément encore par son âge devenu blanchissant, Ronsard se sentit un jour plein de mépris pour l’amour qui « se repaît de fumées ». Même son maître Pétrarque, à l’égard de qui son admiration allait jusqu’au