Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/67

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AU VAISSEAU


Beau navire qui m’as menée ici, le long des côtes de l’Ionie, je t’abandonne aux flots brillants, et d’un pied léger je saute sur la grève.


Tu vas retourner au pays où la vierge est l’amie des nymphes. N’oublie pas de remercier les conseillères invisibles, et porte-leur en offrande ce rameau cueilli par mes mains.


Tu fus pin, et sur les montagnes, le vaste Nôtos enflammé agitait tes branches épineuses, tes écureuils et tes oiseaux.


Que le Boreus maintenant te guide, et te pousse mollement vers le port, nef noire escortée des dauphins au gré de la mer bienveillante.