Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 7.djvu/170

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droite et à gauche, et même au fond, dans le lointain. Cile aimait beaucoup les livres. Comme on devait s’amuser avec tant d’histoires ! Sans doute, elle pouvait bien se donner la permission d’en lire un peu. D’abord on ne le saurait pas. Et puis, cela ne faisait de mal à personne. Pourquoi le lui défendait-on ?

Seulement, l’embarras était grand de choisir un volume entre dix millions. Lequel prendre ? Le plus beau. Et le plus beau, c’était le plus grand. Il se trouva que justement devant elle, tout en bas du plus haut meuble, se dressait le dos noir et or d’un in-plano gigantesque.


Oh ! celui-là, par exemple, ce n’était pas un livre, bien sûr. On ne faisait pas de livres pareils.

Cile se rappela qu’on lui avait donné, autrefois, comme cadeau de Noël, un grand jeu enfermé dans une boîte en forme de reliure.

— Si c’était un jeu ? se dit-elle.

Et elle se pencha pour lire le titre.

En majuscules dorées, le titre se lisait :


HAGIOGRAPH.
HISPANOR.

Les connaissances bibliographiques et latines de la lectrice étaient encore trop élémentaires pour qu’elle sût compléter la phrase sous sa