Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/24

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son cœur battait à faire lever ses seins.

Elle ne devinait pas ce qui allait arriver. Elle ne savait pas ce qui pouvait arriver. Elle ne comprenait rien, pas même pourquoi elle était heureuse. Elle sentait le long de ses bras la souplesse du col du Cygne.

Pourquoi était-il venu ? Qu’avait-elle fait pour qu’il vînt ? Pourquoi ne s’était-il pas enfui comme les autres cygnes sur le fleuve ou les satyres de la forêt ? Depuis ses premiers souvenirs elle avait toujours vécu seule. Aussi n’avait-elle pas beaucoup de mots pour penser, et l’événement de cette nuit-là était si déconcertant… Ce Cygne… ce Cygne… Elle ne l’avait pas appelé, elle ne l’avait même pas vu, elle dormait. Et il était venu.

Elle n’osait plus du tout le regarder et ne bougeait pas, de peur de le faire