Page:Louÿs - Le Crépuscule des nymphes, 1925.djvu/61

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Et voici : soudain elles aperçurent Ariane.

Alors elles se précipitèrent, elles lui prirent les bras et les jambes, elles tordirent ses cheveux désolés ; la première saisit la tête, et pesant du pied sur l’épaule, l’arracha comme une fleur lourde ; et les autres écartelaient les membrres, et la sixième déchirant le ventre, en tira la matrice petite, et la septième, fonçant la poitrine, déracina le cœur vomissant.

Le Dieu, le Dieu parut !

Elles se ruèrent sur lui, brandirent leurs trophées…

Il était nu, couronné de pampre. Une peau de faon pendait sur ses reins. Il tenait une coupe de buis.

Il dit :

« Laissez ces pauvres membres ».

Les Bakkhantes les jetèrent sur le sol,